9 mois que Markus est né et 6 mois que je suis en congé parental. 14 mois que je n’ai pas travaillé et que je suis à la maison. Ca fait vraiment tout drôle. Un autre rythme, une autre façon de vivre, une autre façon d’être. Je suis bercée d’ambivalence entre la joie de retrouver bientôt un salaire pour vivre plus facilement et faire avancer nos projets de déménagement sur Bordeaux même (ou limitrophe ) et enfin quitter cette campagne qui m’ennuie profondément. Cette paye qui m’aiderai aussi à ne plus trop stresser chaque mois une fois passée la date du 15 ( ou du 10 c’est selon ). Joie aussi de retrouver un travail que j’aime, qui me plait et qui est très stimulant malgré les conditions épouvantables de travail des hôpitaux français. Et d’un autre coté la tristesse et l’angoisse de devoir à nouveau laisser mes petits. Le stress de leur manquer, l’inquiétude qu’ils me manquent aussi beaucoup trop. J’ai peur que la nuit Petit Markus soit complètement affolé si je ne peux pas dégainer le sein pour l’aider à se rendormir sur le bon lait chaud. Je sais que leur papa fera ce qu’il faut mais c’est plus fort que moi. Et j’ai aussi peur de manquer à mon grand Sven qui a encore bien besoin de moi le soir et du câlin histoire sous la couette.

Au cours de ce congé parental j’en ai appris énormément sur moi. Sur ma façon de gérer les choses, les priorités de la vie et mon rapport au reste du monde. Me focaliser sur mes enfants pour les aider à bien grandir et faire ce qu’il faut pour que tout le monde aille bien. L’arrivée du petit frère a été difficile pour Sven. Et somme toute, c’est parfaitement normal. Cette arrivée a été difficile aussi pour nous les parents en tant que couple. Parce qu’il y a du coup un élément nouveau qui s’inscrit dans la routine et oui je le dis avec sincérité nous avons trouvé ça rude pour le couple. Mais avec cette difficulté s’est aussi ajouté le bonheur d’agrandir la famille et d’avoir face à nous ce nouveau petit garçon plein de vie, de joie, de caractère, de besoins, de sourires et de boucles blondes. Ce petit garçon qui sait parfaitement prendre sa place et donner de la voix quand il le faut.  Mais j’ai aussi appris à penser à moi plus vite que prévu. Cette envie  de perdre les derniers kilos de grossesse. De me remettre au sport et de retrouver mon statut de femme en tant que telle et pas uniquement une mère. Comme un échappatoire parce que oui dès fois c’est très difficile de s’occuper avec bienveillance de nos propres enfants quand évidemment la fatigue est là, sournoise et prête à nous faire chavirer au moindre instant. La fatigue qui fait ressortir les monstres les plus enfouis au fin fond de nous même avec les mots qui dérapent et les envies pas rigolotes d’en coller un au mur. J’avoue que parfois j’ai été loin de la bienveillance verbalement parlant. Merci Fillozat et compagnie d’avoir insufflé en moi vos savoirs sages et si importants pour m’aider à mieux comprendre mes petits et par là même me comprendre moi même aussi et tenter de ne pas trop déraper trop souvent ni trop fort.

Je disais donc qu’au cour de cette période bénie de congé parental (même si ce n’est pas facile tous les jours et que oui dès fois j’aimerai faire ma morue affalée sur le canapé et rattraper tout mon retard en séries sans avoir besoin de courir après les deux prunelles de mes yeux qui ont hérité des gènes  » cascadeurs aventuriers  » de leur paternel ) que j’ai appris beaucoup et que ça m’a enrichi. Il me reste encore 2 mois et demi pour terminer de profiter de chaque instants, chaque minutes, chaque seconde à être là pour eux le plus possible. Je remercie mille fois mon homme qui a pu me permettre de prendre cette parenthèse enchantée et qui a du faire quelques sacrifices ( remonter bosser chez un client parisien pendant deux ou trois mois ) au prix de rater les premiers mois de notre deuxième enfant.

 

 

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